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Ménopause FC essentielle
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Linda, une femme de 52 ans, se présente à votre pharmacie avec une ordonnance pour son fils. Lorsque vous lui demandez si elle va bien, elle vous répond « pas très bien », car elle est aux prises avec des bouffées de chaleurs, des sueurs nocturnes et des problèmes émotionnels et relationnels liés au « retour d’âge ». Heureusement, Linda n‘a pas d’autre problème de santé.
Pour survivre aux chaleurs, elle a essayé de porter plusieurs couches de vêtements, d’éviter les boissons et les aliments chauds et fait de gros efforts pour relaxer. Comme ces mesures n’étaient pas suffisantes, elle a essayé quelques produits naturels (extrait de trèfle rouge, actée à grappes noires). Elle n’a toutefois pas noté d’amélioration marquée avec ces produits. Par conséquent, sa concentration et sa productivité au travail n’ont pas connu d’amélioration. De plus, elle se plaint de ne plus avoir de « vie sexuelle » depuis un certain temps car elle souffre de sécheresse vaginale persistante. Il n’est donc pas surprenant qu’elle soit découragée et se sente vraiment « déprimée ».
Le Tableau 1 présente les signes et symptômes typiquement rapportés par les femmes au cours de la périménopause ainsi que le lien supposé entre ces symptômes et les changements hormonaux.
Tableau 1.  Symptômes rapportés pendant la périménopause (4)
Symptômes hormonaux Bouffées vasomotrices, sueurs nocturnes
Sécheresse, démangeaison et irritation vaginale
Irrégularité menstruelle
Mastalgie (sensibilité des seins)
Symptômes possiblement hormonaux Incontinence urinaire (à l’effort ou urgence mictionelle)
Infections urinaires récurrentes
Insomnie, troubles du sommeil
Anxiété, irritabilité, sentiments dépressifs, modification de la libido
Pertes de mémoire
Céphalées, douleur lombaire, douleur musculaire et articulaire
Fatigue, manque d’énergie
Symptômes non hormonaux Dépression majeure
Gain de poids
Symptômes vasomoteurs (bouffées vasomotrices, sueurs nocturnes)
En général, 75 à 85 % des femmes périménopausées et postménopausées souffrent de bouffées vasomotrices. Mais cette incidence varie beaucoup. Par ailleurs, au moins 90 % des femmes ayant subi une ovariectomie bilatérale rapportent des bouffées vasomotrices qui sont plus intenses que celles observées chez les femmes ménopausées de façon naturelle (5).
Les bouffées vasomotrices sont un phénomène récurrent et transitoire caractérisé par de la rougeur, de la transpiration et une sensation de chaleur d’intensité variable au niveau du tronc et du visage (variant d’un sentiment d’avoir chaud à une sensation de brûlure extrême). La cause exacte des bouffées de chaleur demeure inconnue. On croit cependant que les variations des concentrations d’oestrogènes endogènes liées à la ménopause pourraient être en cause. Des études ont montré un déséquilibre des niveaux cérébraux de noradrénaline et de sérotonine au cours de la ménopause qui pourrait avoir un impact sur la régulation de la température et la survenue de bouffées de chaleur (5,6).
Une bouffée de chaleur dure généralement de une à cinq minutes. On constate alors une élévation de la température cutanée à la suite d’une vasodilatation périphérique, particulièrement marquée dans les doigts et les orteils. Chez la plupart des femmes, 90 % des bouffées de chaleur s’accompagnent de sueurs. On note aussi une augmentation modérée du rythme cardiaque (de 7 à 15 battements par minute). La température basale revient ensuite à la normale environ cinq à neuf minutes après la bouffée vasomotrice. Si la perte de chaleur est importante, la femme peut aussi ressentir des frissons. Les bouffées vasomotrices s’accompagnent parfois de nausées, d’étourdissements et de maux de tête. Elles se manifestent surtout en début de soirée. On parle de sueurs nocturnes lorsque les bouffées se manifestent pendant la nuit et s’accompagnent de transpiration abondante (5).
Les bouffées vasomotrices apparaissent au cours de la périménopause. En fait, le tiers des femmes en souffrent avant même de noter une irrégularité de leur cycle menstruel. Le nombre de bouffées vasomotrices est à son plus fort au cours des deux premières années suivant la ménopause.
Les bouffées vasomotrices sont généralement d’intensité faible à modérée, bien que le tiers des femmes se plaignent d’épisodes graves. Sept à huit épisodes par jour, ou au moins 60 par semaine, caractérisent les bouffées d’intensité grave (5).
Les symptômes vasomoteurs peuvent entraîner des troubles du sommeil ou de l’insomnie, ce qui peut causer une fatigue diurne excessive, de l’irritabilité et une altération de la fonction cognitive. L’insomnie chronique mène parfois à l’apparition d’anxiété et d’humeur dépressive (5).
Symptômes urogénitaux
Des récepteurs à oestrogènes sont présents dans le vagin, la vulve, la vessie et l’urètre. Avec la diminution des taux d’oestrogènes, on peut observer une atrophie de ces tissus. De fait, en l’absence d’oestrogènes, on observe rapidement des modifications atrophiques de l’épithélium vaginal et urétral (p. ex. en l’espace de six à huit semaines) (1).
La majorité des femmes postménopausées souffrent d’atrophie vaginale, mais elles ne présentent pas toutes des symptômes. De 27 à 55 % des femmes rapportent de la sécheresse vaginale et 32 à 41 % d’entres elles se plaignent de dyspareunie. Fait à noter : chez environ 40 % des femmes qui suivent une hormonothérapie substitutive, la sécheresse vaginale persiste malgré le traitement (9).
Parce que la carence œstrogénique entraîne un amincissement et une perte d’élasticité des parois vaginales, ces dernières deviennent plus susceptibles de subir un trauma ou de devenir douloureuses. De plus, une baisse de la circulation sanguine est associée à une diminution des sécrétions vaginales et à la perte de la capacité de lubrification en réponse à un stimulus sexuel. Par ailleurs, le pH vaginal s’élève au dessus de 5,0. De plus, le nombre de lactobacilles diminue ce qui rend le vagin plus susceptible à la colonisation par des bactéries pathogènes et augmente par conséquent le risque d’infection vaginale (7,8,9). Ces changements s’accompagnent aussi d’infection urinaire chez 10 à 15 % des femmes postménopausées (10).
On a rapporté de l’incontinence urinaire chez 10 à 30 % des femmes postménopausées. De fait, l’urètre s’amincit et peut devenir moins efficace. En plus, la diminution de la pression urétrale de fermeture prédispose à l’incontinence urinaire. L’incidence d’incontinence d’effort atteint sont maximum pendant la périménopause (10). Par ailleurs, dans la vessie, le seuil de déclenchement des contractions du détrusor est abaissé ce qui entraîne des symptômes irritatifs (ce qu’on appelle la vessie hyperactive), tels la pollakiurie, la nycturie et l’urgence mictionnelle. Enfin, les problèmes liés à la miction, tels la fréquence et l’incontinence, peuvent aussi avoir un impact négatif sur la vie sociale des femmes (1).
Dysfonction sexuelle
On a établi un lien entre les troubles de la sexualité et la baisse des taux d’oestrogènes au cours de la transition ménopausique. Ces problèmes incluent  (8) :
une diminution de la sensation génitale;
une difficulté à atteindre l’orgasme;
une baisse de la réponse sexuelle;
une perte de la libido;
une diminution de la fréquence des activités sexuelles.
La diminution de l’intérêt et de la capacité à avoir des relations sexuelles peut être le résultat de l’atrophie urogénitale qui entraîne une dyspareunie. Elle peut aussi être attribuable aux effets psychologiques liés aux symptômes vasomoteurs (fatigue, irritabilité, anxiété et sautes d’humeur). La dysfonction sexuelle peut affecter le sentiment de bonheur personnel et les relations interpersonnelles de la femme et nuire considérablement à sa qualité de vie (7).
Trouble de l’humeur
Il arrive que les femmes périménopausées souffrent d’anxiété. Celle-ci peut se manifester par une excitabilité, de la nervosité, de la tension, des crises de panique, de la tachycardie ainsi que des troubles de la concentration et du sommeil (1).
L’incidence d’humeur dépressive est plus importante durant la périménopause. Les symptômes dépressifs mineurs incluent un sentiment de ne pas être heureuse, un état déprimé ou fatigué, un manque d’énergie, une perte d’intérêt généralisée, de l’irritabilité et des crises de larmes (1). On croit que cet état dysphorique est lié à une carence œstrogénique et qu’il pourrait donc répondre à une oestrogénothérapie. L’apparition d’une dépression clinique n’a cependant pas été associée à la seule baisse des taux d’oestrogènes. Par conséquent, elle doit être traitée à l’aide d’antidépresseurs (4).
Variations des cycles menstruels
On note des changements du cycle menstruel chez les femmes dans la quarantaine qui atteignent la périménopause. Bien que la majorité des femmes observent une diminution de la quantité et de la fréquence du flux menstruel, certaines notent plutôt des menstruations plus abondantes et irrégulières. Ces changements seraient attribuables à des fluctuations des taux d’hormones (1).